Adrenadream – Lea Silhol Sword-press

House of Winter

Une plume d’oiseau noir, sur un bulletin blanc.

Voilà. Alea jacta est. « A voté ».
Pas selon mon coeur, ou mon orientation. Pas pour mon bord, ma paroisse, mon écurie, mes convictions. Et pourtant… si . Tant il est vrai que la premier et le plus tenace de mes crédos est de regarder cet « Autre », quel que soit sa couleur, sa ‘race’, son origine, sa foi, sa caste sociale, ce qu’il fait de son lit, et l’appeler mon frère.
De toujours — si cynique et noire que je puisse être —  m’astreindre à choisir la lumière. Ou ce qui, du moins, l’épargnera le plus.
De rester fidèle à ce que même les quantas, au fin fond de l’espace, incantent : il faut se tendre, toujours, vers le positif.
Il faut aimer et non haïr, quitte à se dissoudre.
Il faut tout risquer, sans exception et sans faute, pour cette idée, magnifique, friable, et sans cesse remise en question : l’Humanité.
La nôtre.
Ce ressort, dans nos plexus, nos coeurs, nos âmes, façonné d’acier trempé, et qui se penchera toujours davantage pour relever un gosse ou prendre un coup à la place d’un chien que pour achever un bouc-émissaire tandis que d’autres l’ont mis à terre.

Je crois à ça.
J’ai donné l’intégralité de ma vie à ça.
Toi, l’Autre ; toi, mon Autre, je te regarde dans les yeux, ce matin. Et (à mon propre détriment, oui, s’il le faut) : tu es ma priorité.
Depuis toujours et jusqu’à mon dernier souffle, je l’affirme, tu es de mon sang. Je ne laisserai jamais, en silence, tomber cette nuit sur tes os.
L’amour que j’ai pour tous les « déchus du système », c’est ce que le vol noir des corbeaux m’enlèvera en dernier.

Si Dieu existe, il est dans tous les isoloirs de France, aujourd’hui. C’est sa pesée que je réclame. Dans ce filtre si et médiocre de nos consciences, il nous faut cela : le fléau de la balance, et le baiser de la Justice, si froid et et coupant puisse-t-il être. Ce crible essentiel. Cette indispensable mesure.
Équité, mon amour.
Astraia, ma came, ma dulcinée, mon horizon, toujours d’une encablure et étrave trop loin… On ne se donne pas à toi si on ne le fait pas en entier. Il n’est pas de droit du sol ou du sang qui puisse réclamer la suprématie sur toi.
La JUSTICE. Nous ne sommes rien, devant elle. Des fétus de paille, des poussières, des épisodes. RIEN.
Qu’elle nous guide, sur cette mer dépourvues de lumières, et nous aide à faire le bon choix. Le choix qui n’est ni égoïste, ni partisan ; ni l’expression d’un coup de colère, même légitime, ni la réaction enfiévrée d’un désespoir. Celui qui veut, plus que tout, sauvegarder et élever l’homme, non le réduire, et l’abaisser.

Je voudrais pouvoir tendre les bras, aujourd’hui, et vous embrasser tous. Les « pas blancs », les « pas nés ici » , les « pas approuvés par la Manif pour tous ». Et vous promettre que l’ombre de ces ailes n’est qu’une avanie climatique. Une chimère issue d’un dégoût mal investi. Une impossibilité.
Ne le pouvant, hélas, faute d’être aussi naïve, juste un sourire triste, alors, les yeux dans les yeux et cette promesse, une fois de plus.

« Suis-je le gardien de mon frère, moi ? » disait Caïn.
Bon Dieu… OUI.

Oui, c’est ce que nous sommes. Ou ce que nous sommes ne vaut pas d’être sauvegardé.

Maudite soit la patrie, la famille, et l’inquiétude des trouillards pour leur travail, si elle exerce son droit sur l’échine de ces étrangers magnifiques, mes frères.
Maudit, plus encore, le « silence des gens de bien », qui tue plus sûrement que l’aboiement des carabines.
Lorsque ces loups que nous connaissons trop bien sont à nos portes, nous ne sommes rien, si nous ne sommes pas, plus que tout autre chose, le bouclier de nos frères.

#nopasaran.

 

LS/.

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2 commentaires sur “Une plume d’oiseau noir, sur un bulletin blanc.

  1. psycheinhell
    mai 7, 2017

    « Lorsque ces loups que nous connaissons trop bien sont à nos portes, nous ne sommes rien, si nous ne sommes pas, plus que tout autre chose, le bouclier de nos frères. »


    Standing with you, with love. (& reading out loud ur "Shinear" as a candle on this day)

    J'aime

  2. Julie Vesperia
    mai 7, 2017

    Nous sommes les gardiens d’un cosmos qui nous dépasse, ne laissons l’ego tuer la modestie qui est notre devoir; et la haine tuer l’amour qui est notre nature.

    J'aime

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Cette entrée a été publiée le mai 7, 2017 par dans Blame it on the black star / Blame it on the falling sky, Calligraphies résistantes, No pasaran, Politique, et est taguée .

Not F’d

don't feed the vultures

Ah... et pourtant... si (à présent) Et c'est la faute des #galgos !

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